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I / OBLIGATIONS DECLARATIVES
Les entreprises sont soumises
à des obligations déclaratives diverses et précises :
-
à leur création
-
au cours de leur existence
-
et à la cessation de leur activité.
– CREATION DE L’ENTREPRISE
Nonobstant les autorisations
ou agréments auxquels sont soumises les personnes physiques ou morales
exerçants
une activité lucrative a
titre indépendant ou non lucrative (association, ONG) doivent effectuer une déclaration d’existence auprès du service
des impôts dont dépend le lieu de leur établissement.
A cet effet, il leur est
délivré par la Direction Générale des Impôts une carte d’immatriculation ou
carte d’opérateur économique dont la durée de validité est d’une année civile.
Cette carte expire obligatoirement le 31 Décembre de chaque année même si
l’entreprise est créée au cours de l’année.
La déclaration d’existence
est faite sur un imprimé fourni par la Direction Générale des Impôts (DGI).
Cette obligation est prévue par les dispositions des articles 126 à 131 du CGI
pour les personnes physiques, des articles 157 à 162 des CGI pour les personnes
morales et l’article 1413 du CGI..
La déclaration d’existence
est déposée dans les 15 jours du début de l’activité.
1.1 Ouverture de dossier de
déclaration d’existence
Pour l’ouverture de dossier
de déclaration d’existence auprès de l’Administration, les pièces nécessaires
suivantes sont exigées :
- l’autorisation
d’installation délivrée par le ministère du commerce
- un exemplaire des statuts
lorsqu’il s’agit d’une société
-un contrat de bail (pour
les locataires d’immeubles abritant les bureaux)
- un exemplaire des statuts
et récépissé de la déclaration d’association lorsqu’il s’agit
d’associations
ou
d’organisation non
gouvernementale (ONG)
- une autorisation
d’ouverture dans le cas des centres de formation ou d’écoles
-l’attestation
d’immatriculation au registre du commerce et de crédit mobilier (RCCM)
1-2
l’Etablissement de la Carte d’Opérateur Economique à la
DGI
Nonobstant l’accomplissement des formalités au guichet unique du
centre de formalité des entreprises (CFE) à la chambre du commerce et
d’industrie du Togo (CCIT), l’immatriculation de
l’entreprise ou d’une association ou ONG à la DGI est subordonnée au paiement
de la redevance et du timbre qui varient selon qu’il s’agit d’une société ou
tout autre organisme :
Pour les sociétés :
- Redevance
:
40 000F
- Timbres : 10 000F
Pour les associations ou ONG
•
Ecoles ou centres de formations
Redevance : 5 000
•
Etablissements de toute nature
Timbres : 5 000
La carte d’opérateur
économique est obligatoire. La mention du numéro d’identification que porte
cette carte est aussi obligatoire dans toute transaction effectuée entre
commerçants, artisans, industriels et prestataires de services. Cette mention
est portée sur les factures ou tout document en tenant lieu. Chaque infraction
à cette obligation est sanctionnée par une amende à du montant de
la transaction .L' amende est à la charge du fournisseur ou du bénéficiaire,
les parties à la transaction étant tenues solidairement au paiement vis-à-vis
de l’administration.
Le titulaire doit présenter
sa carte à toute requête des agents du fisc. Le défaut de présentation est
sanctionné par une amende de 5000 F. En cas de récidive, l’administration procède
à la fermeture provisoire des établissements pour une période de 3 jours à 3
mois renouvelable jusqu’à régularisation de la situation par le contribuable.
Il sera inscrit sur les établissements fermés la mention « fermé pour non
paiement d’impôts ».
En outre, lorsque le
contrevenant ne peut justifier d’une installation professionnelle stable,
l’agent verbalisateur procède à la confiscation des marchandises sauf s’il
s’agit de denrées périssables.
L’utilisation frauduleuse de
cette carte notamment l’utilisation à fin de travestir l’identité ou l’adresse
d’une personne ou de
fournir une identité fictive ou de faire usage d’un prête – nom est passible
d’une amende fiscale de 50% des sommes versées ou reçues au titre de ces
opérations.
2 – OBLIGATIONS DE L’ENTREPRISE
AU
COURS DE SON EXISTENCE
Au cours de sa vie, toute
entreprise est soumise à deux types d’obligations :
- obligation de déclaration
et de paiement de ses impôts et taxes.
- obligation de déclaration
à l’administration des transformations qu’elle peut subir.
2-1 Obligation de
déclaration et de paiement
Le système fiscal togolais
est un système déclaratif. L’entreprise au cours de sa vie effectue des
opérations qui ont une incidence fiscale qu’elle doit déclarer périodiquement à
l’administration. C’est à posteriori que l’administration peut procéder aux
contrôles de ses déclarations à fin de s’assurer que ses déclarations sont
conformes aux dispositions réglementaires, des redressements fiscaux pouvant
être
opérés au cas contraire.
2-1-1 Les déclarations mensuelles
Ces déclarations sont
toujours munies de paiement. Il s’agit entre autres:
- des retenues sur les
salaires versés aux employés. Ces retenues sont opérées par toute personne
physique ou morale exerçant au Togo une activité à lucratif ou non et qui verse des rémunérations à toute
personne salariée. Les retenues à opérer et verser sont :
• impôt sur le revenu des
personnes physiques (IRPP)
• la taxe complémentaire les salaires (TCS)
• la taxe sur les salaires
due par l’employeur au taux de 7% des salaires bruts
- la Taxe sur la Valeur
Ajoutée (TVA) au taux unique en vigueur de 18%
- la taxe sur les activités
financières dues par les banques sur leurs opérations financières effectuées
avec leurs clients taux de10%
-la taxe sur les conventions
d’assurance conclues avec leurs clients due par les compagnies d’assurance
- la retenue de 17,5% sur
des immeubles abritant les bureaux
- la taxe pour la promotion
touristique payée par les Hôtels et les auberges au taux de 1000F la nuitée
- les droits de
consommations sur les produits divers à taux variable suivant les types de
produits
- les taxes sur les
spectacles et jeux de hasards
- les retenues de 1% ou 5%
sur les ventes en gros à l’intérieur
du pays ou au cordon douanier sur les importateurs selon que le
contribuable soit immatriculé ou non. Ces retenues constituent des acomptes
d’impôts sur les sociétés (IS) ou d’impôt sur le revenu des personnes physiques
catégorie bénéfices industriels ou commerciaux (BIC)
- les retenues de 5% ou 10%,
selon que le contribuant soit connu ou non par l’Administration (par son
immatriculation), sur les honoraires, courtages, commissions et autres
rémunérations assimilées - La retenue de 15% sur les rémunérations versées au
Togo à des personnes physiques ou morales étrangères n’ayant pas Togo d’installations professionnelles
permanentes. Cette retenue est opérée sous réserve de l’application des
conventions fiscales internationales
- Retenue sur les capitaux
mobiliers. La retenue aux taux variables de 10%, 15%, 20% ou 25% fera l’objet
d’une prochaine publication
Ces retenues effectuées parles entreprises sont versées au plus tard le 15 du mois suivant.
2-1-2 Les déclarations trimestrielles
Il s’agit ici des
déclarations et paiements des acomptes provisionnels des impôts annuels à
savoir l’impôt sur les sociétés (IS), l’impôt minimum forfaitaire (IMF) et
l’impôt sur le revenu des personnes physiques des catégories (BIC), des bénéfices
non commerciaux (BNC), des bénéfices agricoles (BA) des revenus fonciers (RF),
des plus values et autres.
Ces déclarations munis de
paiement sont effectuées au plus tard les 31 janvier, 31 mai, 31 juillet, 31
Octobre. Le solde s’il y a lieu, étant versé au moment du dépôt de la
déclaration annuelle de résultats ou des états financiers
- les acomptes de la taxe
professionnelle unique (TPU) sont versés par quart au plus tard le 15 du mois
suivant le trimestre.
- Quant à l’acompte de la
taxe professionnelle (TP) il est versé par moitié au plus tard le 30 Juin. Le
solde étant versé conformément à la date de mise en recouvrement du rôle.
2-1-3
Déclarations annuelles.
L’impôt est annuel. A la fin
de chaque exercice comptable, trois mois après la clôture de l’exercice (au
plus tard le 31 Mars) pour les établissements au réel et les personnes
libérales, quatre après (au plus
tard le 30 Avril) pour les sociétés et deux mois après (au plus tard le 30
Février) pour les forfaitaires, les états financiers doivent parvenir dans les
centres et inspections des impôts du lieu de ressort de chaque contribuable.
Les liasses fiscales pour
ces déclarations sont disponibles dans les centres des impôts et sont de trois
ordres :
- liasses du système réel
normal utilisées en général par les sociétés
- liasses du système allégé
utilisées en général par les personnes physiques
- liasses pour le système
minimal de trésorerie utilisées souvent
par les contribuables forfaitaires. Ces liasses, compte tenu de leur volume (notamment
le nombre de pages ) surtout pour le système réel normal et le système allégé,
sont servis à tort à travers par
certains comptables.
Ces comptables choisissent
les pages qu’ils peuvent servir. Ils vont jusqu'à proposer des tableaux autres que
ceux prévus par la BCEAO.
Ils doivent savoir qu’il
s’agit des liasses conçues par la BCEAO en collaboration avec les
administrations fiscales des pays de l’UEMOA.
En conséquence, elles
doivent être servies comme tel sans aucune modification. D’ailleurs un
exemplaire de ses liasses déposées dans les centres des impôts (en trois
exemplaires) est déposé à la BCEAO pour la centrale des bilans.
En ce qui conserne les
salaires, une déclaration annuelle (DAS) est déposée par chaque personne
physique ou morale au plus tard le 31
Janvier de chaque année au titre de l’exercice antérieur. Cette déclaration
récapitule les montants annuels des salaires versés à chaque employé ainsi que
des versements mensuels des retenues opérées. Ces déclarations annuelles des salaires
sont faites en deux exemplaires sur un imprimé fourni par l’administration.
Les entreprises passibles de
l’impôt sur les sociétés sont tenues de fournir en même tant que leur
déclaration de bénéfice ou de déficit, les comptes rendus et les extraits des
délibérations des conseils des administrations ou des actionnaires et, dans le
mois suivant leurs dates. Si les délibérations interviennent après le délai de
dépôt des déclarations de résultats, il est fait aussi obligation de déposer un
état indiquant les repartis
aux associés actionnaires ou porteurs de parts ainsi que les sommes mises à la
disposition au cours de la période retenue pour l’assiette de l’impôt sur les
sociétés et présentant le caractère de revenues distribués.
Les entreprises en questions
omettent souvent ces obligations auxquelles l’administration reste
intransigeante. Les entreprises dont le siège social est situé hors du Togo et
qui effectuent des opérations imposables au Togo sont tenues de désigner un
représentant au Togo nanti des pouvoirs les plus étendus pour effectuer en
leurs noms toute les déclarations liées à leurs activités. Les entreprises qui
ne satisfont pas à ces prescriptions réglementaires prévues par l’article 162
du Code Général des impôts (CGI) encourent la procédure de taxation d’office
sans préjudice, sanctions fiscales et pénales qui pourraient être appliquées.
Les entreprises ont aussi le
devoir de communiquer toutes les informations et tous les documents demandés
par l’administration
3-
OBLIGATIONS RELATIVES A LA CESSION OU LA CESSATION D’ACTIVITE
Les entreprises qui cessent
ou cèdent en totalité ou en partie leurs activités dont les résultats n’ont pas
encore été imposés doivent produire leurs déclarations de résultats dans un
délai de 15 jours à compter de la date de cession ou de cessation effective
d’activité. Elles doivent en outre dans un délai de 10 jours aviser
l’Administration de la cession ou de la cessation et lui faire connaître la
date à laquelle elle a été effective.
La déclaration peut se faire
aussi par lettre d’information adressée à l’administration.
4- OBLIGATIONS RELATIVES MODIFICATIONS
Toutes les modifications
dans l’activité de l’entreprise ou dans le pacte social doivent faire l’objet
de déclaration à l’administration et ce dans un délai d’un mois
II - DROITS DES ENTREPRISES
Les entreprises ont des
droits que le législateur leur a conférés. Elles sont donc protégées contre
l’administration qui peut abuser. On peut en citer certains qui ne sont pas
limitatifs :
- le système fiscal togolais
est un système déclaratif. L’entreprise déclare elle-même dans les délais
prévus par la loi ses propres revenus et détermine son impôt à payer
- les entreprises ont le
droit de réclamer leurs quittances après paiement de leurs impôts et taxes
- lorsqu’une imposition ou
taxation erronée est effectuée par l’administration, l’entreprise à la
possibilité de la contester
- le secret professionnel de
l’administration protège les entreprises. L’administration n’a pas le droit de divulguer
les renseignements contenus dans le dossier fiscal d’un contribuable
- les dispositions de
l’article 1115 du CGI confèrent aux entreprises et sur leurs demandes :
- des remises totales ou
partielles d’impôts directs lorsque le contribuable est dans l’impossibilité de
payer par la suite de gène ou d’indigence
- des remises totales ou
partielles d’amendes fiscales ou de majorations d’impôts.
- l’entreprise a droit de
bénéficier des dégrèvements ou des crédits d’impôts lorsque ceux-ci sont justifiés.
- en matière de
vérification, les entreprises bénéficient de garanties diverses notamment :
- assistance par un conseil
de son choix
- limitation de la durée de
vérification
- impossibilité par l’Administration de reprendre une
vérification déjà achevée. Etc.….
Cette partie qui porte sur
la vérification des entreprises fera l’objet de nos prochaines publications.
En définitive les
entreprises bénéficient de plusieurs droits et avantages prévus par le
législateur et qu’elles ignorent. Ces droits les protègent contre les abus de
l’administration.
Aujourd’hui compte tenu de
la complexité et de la méconnaissance
des dispositions fiscales, ces entreprises ont recours de en plus aux conseils pour les défendre
auprès de l’Administration fiscale en cas de désaccords ou de litiges.
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